AAEN-CI
Action pour l'Avenir de l'Environnement Naturel - Côte d'Ivoire
Fondation indépendante à but non lucratif, laïque et apolitique 
BP 129    BINGERVILLE   Côte d'Ivoire

Quoi de 9 ? 

NOMINATION
Monsieur YAO YAO Raymond a rejoint la Fondation AAEN-CI en qualité de Conseiller Juridique. Il est magistrat à la Présidence de la Cour de Cassation de Côte d'Ivoire. Soutien actif de la Fondation depuis plusieurs années, sa nomination officielle est datée du 10 novembre 2020.

COP26 : Ouattara et un choeur de 100 chefs d'état promettent à l'unisson de mettre fin à la déforestation (à l'horizon 2030 !)... Mais pendant ce temps-là... 
les grumiers continuent avec insolence à sillonner le pays, chargés parfois de très gros calibres, comme en témoignent ces trois gros porteurs pris sur le fait ce 03 novembre 2021 au matin, dans la traversée de Bingerville, au lendemain de cette annonce qui ne semble être qu'une diversion médiatique de plus. La première action de lutte contre la déforestation, ce n'est pas de planter des Cassaia mangium dans les cours d'écoles, mais mettre fin au massacre des arbres adultes, de plus en plus rares et agressés de tous côtés, qui demeurent sur le terrain.

Bingerville - 03/11/2021  -  Photos Y.M. Niongui/AAEN-CI
… et pendant les travaux, la fête continue !  
Ce lundi 08/ novembre 2021, nous avons pris la route pour faire le trajet d’Abidjan à Yamoussoukro. Durant ces deux heures d’autoroute (environ 235 km, et je vous passe les deux heures supplémentaires pour sortir de l’embouteillage monstre qui affectait Cocody dès les premières heures du jour en ce lundi de reprise scolaire), nous avons croisé pas moins de 16 (seize) grumiers en sens inverse, qui apportaient leur chargement vers Abidjan, dont un portait une unique section d’un tronc de très fort calibre. Et sur notre voie, nous en avons dépassé plusieurs qui remontaient à vide, et une multitude qui stationnaient à quelques encablures d’Abidjan avant de prendre la route. Cette simple constatation nous impose le plus grand scepticisme face à la promesse de mettre fin à la déforestation et à la réelle et sincère volonté politique d’action vigoureuse et efficace en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique. 
Au oui, il y a un petit détail qu’on avait oublié : l’engagement, c’est pour 2030. Il ne sera pas difficile à tenir, car au train où vont les destructions, on est certains qu’il ne restera plus aucune forêt à déforester en Côte d’Ivoire. Inutile d’anticiper ! 

Autoroute du Nord - 08/11/2021 - Photos J.P. Landragin/AAEN-CI
COP26 : après un report d’un an, le ballet des faux-culs reprend sa sinistre chorégraphie

Bientôt la COP26, avec son cortège de faux discours, de vaines promesses et d’hypocrites surenchères. Mais cette année, après un sévère avertissement administré par le Covid-19, les peuples sont de plus en plus sensibilisés aux questions d’environnement, et les échecs en matière de « durabilité » sont trop flagrants pour passer inaperçus. La pandémie aura encore bon dos et facilitera le maintien à distance des acteurs de terrain… mais pour faire passer la pilule des engagements non tenus et des vérités éludées, il faudra aux politi-ques, qui ont perdu toute crédibilité en la matière, multiplier les diversions et faire preuve de plus d’habiletés que de simples ficelles oratoires, qui sont désormais trop connues.


Bingerville, le 22 octobre 2021. Ça recommence ! A l’approche de la COP26, qui doit se tenir du 1er au 12 novembre à Glasgow, en Ecosse, pour le plus grand bonheur de l’hôtellerie du coin, dont les tarifs sont opportunément montés au zénith, les discours grandiloquents et les pleurnicheries sur l’environnement se font de plus en plus nombreuses dans les médias. Loin des réalités de terrain et d’un « bilan carbone » qui s’annonce désastreux pour cette grande messe (à commencer par tout le CO2 libéré dans l’atmosphère par l’ouverture des bouteilles de champagne !), la nouvelle floraison de ce marronnier dissimule mal les faits du quotidien : partout dans le monde, des atteintes aussi irréversibles qu’inqualifiables sont portées à l’intégrité et à la pérennité d’un environnement de plus en plus attaqué et menacé par les agissements irresponsables et suicidaires de la pire espèce que la Terre ait jamais portée. Clairement, malgré les tombereaux de promesses déversés depuis le mythique sommet de la Terre de Rio (1992), l’humanité est impuissante à enrayer cette inéluctable dégradation, dont la conséquence la plus immédiate et tangible sous nos latitudes, aussi redoutable qu’imprévisible, est le changement climatique. 
Partout dans le monde, le saccage de l’environnement se poursuit, s’amplifie, perdure et prospère implacablement. La déforestation va bon train et accentue ses ravages, tant pour l’agriculture de rente que pour étendre les villes ou développer l’exploitation minière (notamment aurifère), qui, de plus, répand de manière incontrôlée des substances hautement toxiques. La consommation énergétique ne fait que croître, notamment dans les concentrations urbaines trop denses, où le manque de verdure et d’espaces verts impose l’usage généralisé du climatiseur, sans pour autant qu’on ait trouvé une source d’énergie compatible avec un authentique respect de l’environnement. En la matière, ce sont plutôt des expédients et des fausses solutions qu’on met en avant, qui risquent de se révéler, à terme, infiniment pires que le mal lui-même : éoliennes, photovoltaïque, véhicules électriques, nucléaire, biocarburants, hydrogène, etc. Corollaire de la société de consommation, dans laquelle baignent certains et d’autres ne rêvent que de se vautrer, le gaspillage est général. Le recyclage lui-même est à la peine, et les déchets de l’activité anthropique deviennent un véritable problème global (plastiques, pesticides…), imprégnant profondément la planète et la biosphère, depuis les glaces polaires jusqu’au plus profond des abysses. 
Le seul frémissement perceptible autour de l’activité environnementale, c’est l’affairisme de certains, qui rêvent de transformer l’écologie, cette utopie apparemment coûteuse et inutile dont raffolent les bobos et autres intellectuels déconnectés du monde, en de juteuses affaires, une soi-disant « économie verte » qui n’a rien à voir avec la préoccupation de sauvegarde planétaire. 
Vogue de l’agroforesterie, crédits carbone et autres REDD+, qui ont largement montré leurs limites, voire leur foncière malhonnêteté, émergent péniblement du « green bashing » qui alimente les conversations de bistrot et la propagande des populistes et autres démagogues de service. Certains, périodes électorales obligent, rêvent aussi de faire de l’environnement un tremplin politique. Rappelons-le une fois de plus, l’écologie n’a pas de couleur politique, c’est l’affaire de tous, toutes tendances et tous courants confondus. Ne nous laissons pas instrumentaliser par des gens aux agendas cachés. Il n’y a aucun profit ou d’enrichissement personnel à tirer de la défense de l’environnement, le bénéfice, comme l’effort, est collectif et planétaire, même si l’action semble infime, et essentiellement destiné aux générations futures. 
Le centre de conférence où doit se dérouler la COP26, le 4 octobre 2021 à Glasgow (Ecosse) © ANDY BUCHANAN/AFP.
Ainsi, la COP26 risque de n’être que le théâtre d’aveux d’échecs massifs, pour la plupart largement prévisibles, par rapport aux engagements solennels pris au cours de la conférence de Paris. Cela jette un doute légitime sur la sincérité des promesses formulées lors de ces grandes messes, qui prennent l’allure d’annonces médiatiques dénuées de réalité. Peut-être va-t-on encore nous asséner les gesticulations de la blondinette un peu hystérique, insignifiante et gadgétique égérie instrumentalisée par on ne sait quels marionnettistes scandinaves, censée représenter les aspirations de la jeunesse mondiale. Déclarations pitoyables, presque comiques s’il ne s’agissait de sujets aussi graves, diversions dérisoires pour amuser les peuples et les détourner des vraies préoccupations. La faillite de la maîtrise du changement climatique par le biais de la réduction des émissions de GES étant trop évidente, on va donc nous distraire en érigeant en thème central des sujets qui ne sont que corollaires ; par exemple, l’événement parallèle annoncé figurant un dialogue sur la stratégie «de la ferme à la table» ne semble être qu’un cache-misère de plus pour détourner l’attention des réalités du terrain, qu’on remplace allègrement par des réalités dans l’assiette. Et les promesses et engagements qui seront pris ne devront, encore une fois, être considérées que comme nuls et non avenus, n’engageant, comme tous les discours des politiciens de ce bas monde, que celles et ceux qui les écoutent. Les cris d’alarme du GIEC, de l’UICN et d’autres grands observateurs internationaux qualifiés restent sans effet. 
Nous ne sommes pas comme ces extra-terrestres qui ne voient notre Terre de loin, que comme une jolie boule bleutée, comme si cela ne les concernait pas…. (C) Chris J. Ratcliffe/AP Photo
Tous les prétextes sont bons pour détruire la nature et s’exonérer de la responsabilité des conséquences qui en découlent directement : développement, travail, prétendues réalités économiques, recherche du profit, etc. en sous-entendant qu’il n’est pas possible de faire autrement. A force de militer à notre niveau pour éviter les dégradations, proposer des solutions, restaurer ce qui peut l’être, nous voyons bien ce qui se passe, et le gouffre abyssal qui sépare les discours pompeux, comme ceux que la COP26 ne manquera pas de nous asséner une fois de plus, des réalités sur le terrain. Et pour reprendre les propos que Sa Gracieuse Majesté Queen Elizabeth II marmonnait récemment devant un micro supposé fermé, nous sommes fatigués et très énervés par tous « ces gens qui parlent mais ne font rien ». Une nouvelle fois, pour éviter un fiasco complet, les « parties » se forceront donc à pondre une déclaration finale consensuelle mais insincère.
Mais nous, c’est plutôt cela qu’on voit, hélas beaucoup trop souvent, et rien ne nous laisse penser que cela va changer de sitôt ! ©JPL/AAEN-CI
La Côtière, route de tous les dangers, bientôt restaurée ?
Nous avions déjà mis en garde face à l’état de dégradation avancée des routes ivoiriennes, constituant un frein considérables à l’activité touristique et un handicap économique certain pour des régions enclavées de fait
Bien que l’actualité ait fait passer ce genre de problème à l’arrière-plan, Le Monde vient de rappeler que ce douloureux problème persiste. L’approche de la CAN ivoirienne y est-elle pour quelque chose ? Toujours est-il que le journal a publié une série de 5 articles en ligne intitulée «La Côtière, route de toutes les galères», accessibles via les liens ci-dessous. Cette campagne médiatique a produit son effet, puisque la gouvernement a annoncé le 18 sepembre 2021 le lancement de travaux de "renforcement" de la Côtière.
Des véhicules font du slalom entre les bourbiers sur la Côtière, entre Fresco et Sassandra (photo prise le 16 avril 2017)
Les travaux sont censés être terminés pour la prochaine CAN. Etendus sur 353 km pour un montant de 308 MdFCFA, ils sont divisés en trois  tronçons Songon -> Grand Lahou-> Fresco-> Grand Béréby, respectivelent confiés à Sogea Satom, RAZEL CI et  PFO Africa Côte d'Ivoire. On attend avec impatience cette "nouvelle côtière", en espérant qu'elle nous permettra de circuler aussi facilement que dans les années 2013... 
En attendant, une autre route défraie l'actualité depuis début octobre 2021: l'axe Guiglo-Taï, dans le grand Ouest, transformé en un immense et immonde bourbier. La ville de Taï est pratiquement coupée du monde. Alors ne parlons même pas du Parc National du même nom, censé être une des merveilles de l'écotourisme ivoirien !...
Scène quotidienne de la vie sur l'axe Guiglo-Taï en octobre 2021 (C) AIP
C’est pour nous l’occasion de rappeler aux futurs visiteurs de la Côte d’Ivoire d’être extrêmement circonspects vis-à-vis de certains « acteurs » très douteux du tourisme qui proposent (en ligne ou ailleurs) des circuits manifestement infaisables, avec la visite de tout le littoral en 3 jours, ou, pire encore, une excursion dans le Parc National de Taï. En effet, il faut compter une journée entière pour faire le trajet d’Abidjan à Sassandra par la route, 4 à 6 heures pour aller de Sassandra à San Pedro par le même chemin, le tout en prenant des risques considérables, notamment de pannes mécaniques et de "mauvaises rencontres". Dans le temps prévu par ces opérateurs du virtuel (qui ne savent manifestement pas de quoi ils parlent), vous aurez juste le temps d’un arrêt-pipi au voisinage de chacune des grandes villes d’intérêt sur le trajet (Grand Lahou, Fresco, Sassandra), mais pas de visite de site ou de balade en pirogue dans les mangroves. Notez que les personnes qui s’expriment dans la série du « Monde » sont pour la plupart des gens que nous connaissons et avec lesquels nous avons des partenariats. Nous ne proposons rien que nous n’ayons personnellement fait et validé. Ainsi, si notre site ne parle pas du Parc National de Taï, c’est parce que nous avons fait le chemin nous-mêmes et nous avons considéré que nous ne pouvons pas faire la promotion d’une telle destination et imposer une telle galère à nos visiteurs (même s’ils sont amateur d’aventures !). A l'époque, nous avions constaté qu’il fallait 2 journées pleines et un véhicule adapté, à toute épreuve, pour y accéder à partir d’Abidjan, aussi bien par la voie Nord (via Duékoué, Guiglo, Zagné et Taï) que par la voie Sud (via San Pedro et Grabo). Le trajet entre Taï et Djiroutou (accès à l’écolodge), long de 60 km, se parcourt en un minimum (très optimiste) de 4 heures ! Mais depuis le début d'octobre 2021, l'axe Guiglo-TaI est coupé et la ville de Taï est devenue inaccessible. Outre la route, proprement infernale, les conditions d’hébergement de de restauration sont indignes, et les conditions d’accès au parc par l’OIPR sont léonines et inadaptées à l’intégration dans un programme personnalisé. Alors si vous vous trouvez face à un opérateur qui prétend vous faire visiter le parc national de Taï et faire guili-guili avec les Chimpanzés en une demi-journée, vérifiez bien que celui-ci dispose d’une flotte d’hélicoptères bien entretenus et de pilotes parfaitement aguerris, sinon, surtout si la proposition est à vil prix, fuyez ! Quant aux offres en ligne, y compris celles de l’OIPR lui-même), il ne faut pas les prendre au sérieux, la plupart n’incluent pas le déplacement pour arriver aux portes du parc. 
De même pour ce qui concerne le parc de la Comoé, au Nord-Est de la Côte d’Ivoire, qui recèle un biotope et une faune de savane analogue à celle des parcs kényans ou sud-africains, nous n’y allons pas en raison des conditions d’hébergement et surtout de l’insécurité croissante. En effet, proche de la frontière avec le Burkina Faso, le Parc de la Comoé est considéré comme un repaire de terroristes (et sans doute aussi de braconniers et d'orpailleurs). Nous ne voulons pas faire courir à nos visiteurs (pas plus qu’à nous-mêmes) les risques inhérents à cette situation. 
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